Crédit photo Anthony Cortes

Je déploie dans mes peintures un univers fictionnel, une sorte d’entre-deux-mondes inspiré de grottes, de fonds sous-marins et souvent composé de débris métalliques, dans lequel évoluent des figures, comme des naufragé·es. Dans ces espaces, la perception des spectateur·ices est troublée ; ici, le regard se pose sur une soudure qui se transforme en vague, ou un tube d’acier en stalagmite. Plus loin, une surface rouillée devient une nuit étoilée ou un ciel apocalyptique. Ailleurs, des copeaux d’acier imitent des algues et les plis d’une tôle évoquent le bord d’un précipice.

Mon travail dresse ainsi le portrait d’un monde dystopique, imprégné d’un sentiment de vide silencieux où l’absence de nature se fait ressentir, mis en avant par le contraste entre les rares êtres vivants qui restent, doux et vulnérables, et l’espace fait de ruines métalliques dans lequel ils évoluent, froid et brut. Je pressens cela comme une expression métaphorique de la difficulté de ma génération à se projeter dans un avenir chaotique et menaçant.

L’un des éléments récurrents qui caractérise ma pratique est la représentation d’éléments métalliques biscornus. Concrètement, je récupère des rebuts métalliques, choisis pour leur usure, leurs surfaces écorchées, rouillées et marquées par la soudure, et je les utilise comme base pour constituer les décors ou certains personnages de mes peintures. Ces morceaux de métal récupérés ne sont pas forcément littéralement identifiables dans mes tableaux car j’opère des changements d’échelle importants en venant zoomer sur certains détails de leurs surfaces, mais ils participent à déployer un monde étrange, artificiel et presque surréaliste ou quasi abstrait. Ces décors métalliques sont peints avec des gestes vifs, souvent à la spatule, à l’inverse des paysages naturels et des personnages qui sont peints avec un traitement très doux et réaliste offrant un contraste saisissant.

Ces surfaces très texturées, témoins immobiles du temps qui passe, sont un terrain de jeu passionnant pour la peinture, d’un point de vue technique, pour le travail de la matière, de la couleur et des lumières. Et d’un point de vue symbolique, l’utilisation de ces rebuts permet de faire réfléchir sur la destruction de notre environnement et sur le traitement de nos déchets en tant qu’objets considérés comme non désirables par la société.

Un autre exemple concret de ces préoccupations est la série des fonds sous-marins où apparaissent d’étranges éléments métalliques qui évoquent des œufs, des oursins ou des algues. Comme si, peu à peu, le métal (symbole de l’artificiel ou du déchet éternel) gagnait du terrain sur le paysage naturel.

J’ai toujours été soucieuse d’aborder l’écologie dans mon travail, et j’ai même remporté le Prix Clim’Art en 2024, qui récompensait les artistes émergents engagés pour l’environnement.

J’aime peindre des animaux et leur donner une place de protagonistes dans mes tableaux ; leur présence évoque de mystérieux récits. En compagnie des animaux, un homme peuple le paysage de ma peinture, un modèle unique. On le suit au fil des œuvres, comme un fil conducteur ; ainsi, chaque tableau est comme un nouveau chapitre de la même histoire.

Prix

  • 2024 Lauréate du Prix Clim’Art Peinture

Expositions

  • À venir Exposition personnelle au Fond d’art moderne et contemporain de Montluçon, sortie de résidence Shakers
  • 2025 Exposition à la galerie Prima, Paris
  • 2024 Exposition des nominés du prix Clim’art, Paris
  • 2024 Campus Panic, commissariat Salma Mochtari, Friche la Belle de Mai, Marseille
  • 2024 Exposition collective, commissariat Jogging, galerie 1993, Marseille
  • 2024 Duo Show: Pause, commissariat de Maddar, à la Mûrrisserie, pour le PAC OFF, Marseille
  • 2024 Chutes Libres, commissariat de Maddar, Usines Sugar, Marseille
  • 2024 Translation, commissariat de Arlène Berceliot Courtin, Galerie Art-cade, Marseille
  • 2023 Bouquet final, commissariat de Victoire Barbot, Culot 13, Marseille
  • 2022 Hors peindre, centre d’art Les Moulins de Paillard
  • 2022 Hybrid’Art, salon d’art contemporain de Port de Bouc, centre d’arts Fernand Léger

Résidences

  • 2025 Résidence longue de production à SHAKERS (avril-oct 2025)
  • 2023 Angermünde, résidence collective de création au château de l’artiste Clemens Krauss, Muröw, Allemagne
  • 2022 Hors peindre, résidence collective de création au centre d’art Les Moulins de Paillard, Poncé-sur-le-Loir, France

Collaborations

  • 2024 Assistante pour Jérémie Cosimi, artiste : production
  • 2024 Assistante pour Chourouk Hriech, artiste : production
  • 2023 Warburg Migrations - Savoirs, Images, Personnes, Journées d’études au Mucem
  • 2023 Assistante pour Andrea Carreño, artiste, à Santiago, Chili : peinture et communication
  • 2022 Assistante pour la galerie Sissi Club
  • 2022 Assistante pour Victoria Palacios, artiste: production, montage d’exposition
  • 2021-23 Assistante pour Laurent Perbos, artiste: production, montages d’expositions
  • 2020-24 Assistante pour Nasser Alaswadi, artiste: production
  • 2018 Stage à la coordination des expositions à la cité des sciences, Paris

Performance

  • 2022 Une poétique de l’itinéraire : peinture performée dans le cadre d’une invitation de Chourouk Hriech pour accompagner sa discussion performative avec Emanuele Coccia.

Formation

  • 2024 DNSEP avec mention du jury pour la qualité de la peinture, Beaux- Arts de Marseille
  • 2022 DNA, Beaux-Arts de Marseille
  • 2018 Licence de physique, diplômée de l’université Paris-Diderot
Crédit photo Anthony CortesPortrait de Julie Chevassus